Un investisseur examine des graphiques d'obligations sur un bureau avec calculatrice et documents financiers
Publié le 11 mars 2024

Atteindre un rendement de 4% avec des obligations n’est pas un pari, mais l’application d’une discipline de portage et d’une analyse rigoureuse du risque de crédit.

  • La clé est de comprendre la relation inverse entre les taux d’intérêt et la valeur de marché des obligations, un concept appelé la duration.
  • Le rendement est directement corrélé au risque de crédit : il faut savoir arbitrer entre les obligations « Investment Grade » et le « High Yield ».

Recommandation : Pour un investisseur prudent, privilégier l’achat d’obligations en direct ou via des fonds datés permet de verrouiller le rendement à l’échéance et d’ignorer la volatilité intermédiaire du marché.

Face à un Livret A dont le rendement peine à compenser l’inflation et un marché actions perçu comme trop volatile, de nombreux investisseurs prudents se sentent démunis. Ils recherchent une solution d’épargne offrant une performance prévisible et contractuelle, sans pour autant s’exposer aux montagnes russes de la bourse. C’est dans ce contexte que le marché obligataire, longtemps considéré comme l’apanage des institutionnels, redevient une alternative stratégique pour le particulier avisé.

L’approche commune consiste à opposer simplement le « risque » des actions à la « sécurité » des obligations. Cependant, cette vision est réductrice. Le véritable enjeu n’est pas de choisir un camp, mais de comprendre la mécanique interne du marché obligataire. Obtenir un rendement cible de 4% n’est pas une question de chance, mais le résultat d’une construction méthodique basée sur des principes techniques : la maîtrise de la duration, l’évaluation du risque de crédit et le choix de la structure de détention la plus adaptée à son horizon de placement.

Mais si la véritable clé n’était pas de fuir le risque, mais de le quantifier et de le maîtriser ? C’est précisément l’angle que nous allons adopter. Cet article n’est pas une simple liste de « bonnes » obligations à acheter. C’est un guide technique qui vous donnera les outils pour analyser, sélectionner et structurer un portefeuille obligataire capable de générer un rendement stable, en pleine conscience des mécanismes qui le gouvernent.

Pour vous guider dans cette démarche, nous allons explorer les concepts fondamentaux qui régissent l’investissement obligataire, des mécanismes de taux à la sélection des titres, en passant par les structures d’investissement les plus pertinentes.

Pourquoi la valeur de vos vieilles obligations baisse quand les taux d’intérêt montent ?

C’est le principe fondamental et contre-intuitif du marché obligataire. Une obligation est un titre de créance qui verse un coupon (un intérêt) fixe. Imaginez que vous détenez une obligation achetée 100€ qui vous verse 2€ par an (un rendement de 2%). Si, un an plus tard, les nouvelles obligations émises sur le marché pour un risque similaire offrent un coupon de 4€ pour 100€, votre obligation devient instantanément moins attractive. Personne ne voudra vous acheter votre titre à 100€ pour un rendement de 2% alors qu’il peut en obtenir un de 4% ailleurs. Pour pouvoir la revendre sur le marché secondaire, vous devrez baisser son prix (par exemple à 96€) afin que le rendement pour le nouvel acheteur s’approche des 4% du marché.

Ce phénomène est mesuré par la duration (ou sensibilité). Plus la durée de vie restante de l’obligation est longue, plus sa valeur est sensible aux variations de taux. C’est un paramètre crucial pour un gestionnaire. L’objectif de 4% devient atteignable dans un contexte où les taux directeurs remontent, car cela signifie que les nouvelles émissions obligataires proposent des rendements faciaux plus élevés. En 2024 et 2025, il est de nouveau possible de construire un portefeuille visant un rendement de 3 à 4% par an pour les obligations françaises de bonne qualité.

Balance symbolique montrant l'équilibre entre anciennes et nouvelles obligations, avec le plateau des nouvelles plus bas.

L’illustration ci-dessus symbolise parfaitement ce déséquilibre. La valeur de marché des anciennes obligations, moins rémunératrices, diminue pour compenser et s’aligner sur les rendements plus attractifs des nouvelles émissions. Pour l’investisseur qui souhaite conserver ses titres jusqu’à l’échéance (stratégie de « portage »), cette fluctuation de valeur n’a pas d’impact : il continuera de percevoir son coupon et sera remboursé de son capital à 100% à la fin. Cependant, pour celui qui voudrait vendre avant terme, le risque de perte en capital est réel. Par exemple, un investisseur ayant placé 100 000€ sur des titres à 10 ans peut perdre jusqu’à 15% de son capital en cas de revente anticipée dans un contexte de forte hausse des taux.

Comment acheter une obligation d’entreprise (Corporate) en direct sans passer par un fonds ?

L’achat d’obligations « en direct » (ou « en vif ») offre un contrôle total sur votre investissement. Contrairement à un fonds, vous choisissez précisément l’émetteur, l’échéance et le rendement facial. Cette approche est particulièrement pertinente pour une stratégie de portage, où l’objectif est de conserver le titre jusqu’à son remboursement pour sécuriser le rendement initial, quelles que soient les fluctuations du marché. Le processus s’effectue via un compte-titres ordinaire (CTO) auprès d’un courtier en ligne.

Cependant, le marché obligataire est moins accessible que celui des actions. Les montants minimums d’investissement (le « nominal ») sont souvent élevés, de l’ordre de 10 000€, 50 000€ voire 100 000€ par ligne, ce qui peut être un frein pour les particuliers. De plus, la liquidité sur le marché secondaire peut être faible. Il faut analyser la fiche technique de chaque obligation, notamment son code ISIN, son prix « au pied du coupon » (le prix du titre sans les intérêts courus) et le « coupon couru » (la part d’intérêt déjà accumulée que vous devrez payer au vendeur).

La complexité de ce marché ne doit pas être sous-estimée, comme le souligne un expert de Cashbee dans son guide sur l’investissement obligataire :

Il ne faut pas oublier qu’un émetteur d’obligations peut avoir des dizaines et parfois des centaines d’émissions obligataires en cours de vie, à des échéances et dans des devises différentes.

– Expert Cashbee, Guide d’investissement obligataire 2024

Cette diversité impose une analyse rigoureuse avant tout achat. Il est essentiel de se concentrer sur quelques émissions dont on comprend parfaitement les caractéristiques (maturité, rang de la dette, clauses spécifiques) et de ne pas se disperser. L’achat en direct est une stratégie d’expert, qui demande du temps et un capital initial plus important, mais qui offre une transparence et un contrôle inégalés sur le rendement final.

Obligations à haut rendement ou notation AAA : où placer le curseur risque/rendement ?

Toutes les obligations ne se valent pas. Le rendement offert est la contrepartie directe du risque de crédit de l’émetteur, c’est-à-dire le risque que l’entreprise ou l’État ne puisse pas honorer ses remboursements. Ce risque est évalué par des agences de notation (S&P, Moody’s, Fitch) qui attribuent des notes allant de AAA (risque quasi nul) à D (en défaut). On distingue deux grandes catégories :

  • Investment Grade (de AAA à BBB-) : Ce sont les émetteurs jugés les plus solides. Le risque de défaut est faible, et le rendement est par conséquent plus modéré. C’est le segment privilégié par les investisseurs prudents. Les statistiques montrent que plus de 93% des obligations investment grade arrivent à échéance sans incident de paiement.
  • High Yield (ou « spéculatif », de BB+ à D) : Ces obligations sont émises par des entreprises plus endettées ou moins stables. Pour attirer les investisseurs, elles doivent offrir un rendement (coupon) bien plus élevé. Le risque de défaut est significatif.

Pour un investisseur visant un rendement de 4%, le curseur se situe souvent à la frontière entre ces deux mondes. Les obligations notées AAA, comme les emprunts d’État allemands, offrent rarement un tel rendement. Il faut donc soit se tourner vers des obligations d’entreprises très solides notées A ou BBB, soit accepter une petite part de risque supplémentaire. Le tableau suivant synthétise les rendements typiques associés à chaque niveau de notation.

Comparaison des notations et rendements obligataires
Notation Niveau de risque Rendement typique Exemples d’émetteurs
AAA Risque extrêmement faible 2,5-3,5% Allemagne, Suisse, Pays-Bas
A Risque modéré 3,5-4,5% France, entreprises solides
BB (High Yield) Risque élevé 5-7% Entreprises endettées

L’arbitrage est donc clair : pour atteindre 4%, il faut accepter de s’éloigner du refuge absolu des obligations AAA et se positionner sur des émetteurs de qualité (notés A ou BBB), ce qui représente le cœur de la stratégie pour un investisseur prudent mais en quête de performance.

L’erreur de croire qu’une obligation est « garantie » : que se passe-t-il si l’entreprise coule ?

Une idée reçue tenace est que le capital d’une obligation est « garanti ». C’est faux. La seule garantie est la signature de l’émetteur. Si l’entreprise fait faillite, les détenteurs d’obligations deviennent des créanciers, mais ils ne sont pas toujours prioritaires. Le risque de défaut est donc le risque ultime pour un obligataire : celui de ne pas récupérer son capital à l’échéance. Ce risque n’est pas théorique, même pour des noms connus.

Étude de Cas : Le risque de défaut dans le High Yield

Le secteur « High Yield » regroupe des entreprises dont la situation financière est plus fragile. Un fonds obligataire investi dans cette catégorie pourrait, par exemple, détenir des titres émis par des sociétés comme Pemex (la compagnie pétrolière nationale mexicaine, très endettée) ou encore Altice, la maison-mère de SFR, dont la dette massive inquiète les marchés. Ces exemples, cités par les analystes de Cashbee, montrent que le risque de défaut peut toucher des entreprises de premier plan dans leur secteur, et non uniquement des PME inconnues.

En cas de liquidation de l’entreprise, les actifs restants sont distribués aux créanciers selon un ordre de priorité strict défini par la loi. C’est un point que tout investisseur doit connaître : les actionnaires sont toujours les derniers servis. Les détenteurs d’obligations sont servis avant, mais leur rang dépend du type d’obligation qu’ils possèdent (senior ou subordonnée).

Plan d’audit du risque : l’ordre de priorité des créanciers en cas de faillite

  1. Créanciers superprivilégiés et garantis : Les salariés pour leurs salaires, les impôts, et les créanciers détenant une garantie spécifique (hypothèque, nantissement).
  2. Obligations « Senior » : C’est la dette la plus courante. Ces créanciers sont remboursés juste après les créanciers garantis. C’est le type de dette à privilégier pour un investisseur prudent.
  3. Obligations « Subordonnées » : Cette dette est remboursée après toutes les autres dettes (sauf les actionnaires). En contrepartie de ce risque plus élevé, leur rendement est supérieur.
  4. Détenteurs d’actions préférentielles : Une catégorie hybride entre dette et capital.
  5. Actionnaires ordinaires : Ils sont les derniers à être remboursés. En pratique, lors d’une faillite, ils perdent la totalité de leur investissement.

Comprendre cette hiérarchie est fondamental. Pour sécuriser son capital, il est impératif d’investir dans des obligations « senior » émises par des entreprises « Investment Grade ».

Fonds obligataires datés : pourquoi cette solution verrouille votre rendement jusqu’à échéance ?

Pour les investisseurs qui trouvent l’achat en direct trop complexe ou trop cher, les fonds obligataires datés (ou « à échéance ») représentent une excellente alternative. Contrairement à un fonds obligataire classique qui a une durée de vie illimitée et dont la performance fluctue avec les taux, un fonds daté a une date de fin prédéfinie (par exemple, « Fonds Horizon 2028 »). Le gérant achète un portefeuille d’obligations dont les maturités correspondent à cette échéance et les conserve jusqu’à leur remboursement.

L’avantage majeur de cette structure est qu’elle neutralise la sensibilité aux taux pour l’investisseur qui reste jusqu’au bout. Le rendement cible, communiqué à la souscription, est « verrouillé ». Les fluctuations de marché intermédiaires deviennent un simple bruit de fond. C’est la réplique, en version collective et diversifiée, de la stratégie de portage en direct. Ces fonds sont accessibles avec des montants faibles et offrent une diversification instantanée. En contrepartie, ils prélèvent des frais de gestion qui viennent amputer la performance. Selon les analyses du secteur, il faut compter entre 0,5% et 1,5% de frais annuels pour les fonds obligataires, ce qui n’est pas négligeable sur un rendement cible de 4%.

La comparaison avec la constitution d’une échelle obligataire personnelle (« ladder ») en direct met en lumière les arbitrages à faire.

Fonds datés vs Ladder obligataire personnel
Critère Fonds daté Ladder personnel
Contrôle Limité Total
Transparence Moyenne Totale
Frais annuels 0,5-1,5% Frais courtage uniquement
Liquidité Quotidienne Marché secondaire
Montant minimum Faible Élevé

En conclusion, le fonds daté est la solution la plus pragmatique pour un investisseur particulier souhaitant mettre en œuvre une stratégie de portage sans disposer du capital ou de l’expertise pour le faire en direct. Il sacrifie une partie du rendement aux frais de gestion en échange de la simplicité et de la diversification.

Pourquoi la règle du 60/40 (actions/obligations) ne protège plus votre épargne en 2024 ?

Pendant des décennies, le portefeuille « 60/40 » (60% actions, 40% obligations) a été la pierre angulaire de la gestion de patrimoine. L’idée était simple : les obligations, avec leur faible volatilité, servaient d’amortisseur lorsque le marché actions chutait. Cette décorrélation a fonctionné à merveille dans un contexte de baisse séculaire des taux d’intérêt. Cependant, la donne a changé. Depuis 2022, avec la remontée brutale de l’inflation et des taux directeurs, actions et obligations ont chuté de concert, invalidant le principe de protection.

La raison est double. Premièrement, la hausse des taux a mécaniquement fait baisser la valeur des obligations existantes, comme nous l’avons vu. Deuxièmement, la crainte d’une récession économique a pesé à la fois sur les perspectives de bénéfices des entreprises (mauvais pour les actions) et sur la capacité de certaines d’entre elles à rembourser leur dette (mauvais pour les obligations d’entreprise). La diversification magique ne fonctionnait plus. Face à cette nouvelle donne, les gestionnaires cherchent des alternatives pour reconstruire la poche « stabilité » du portefeuille.

Plusieurs stratégies émergent pour moderniser l’allocation traditionnelle :

  • Remplacer une partie des obligations classiques par des fonds monétaires, beaucoup moins sensibles aux variations de taux.
  • Intégrer des obligations indexées sur l’inflation (OATi en France), dont le capital et/ou le coupon sont liés à l’indice des prix.
  • Privilégier les obligations à très court terme (1-3 ans), dont la duration est faible, pour limiter l’impact des mouvements de taux.
  • Ajouter une poche de diversification en or, qui a historiquement une faible corrélation avec les actions et les obligations.

Le portefeuille 60/40 n’est pas mort, mais il ne peut plus être appliqué aveuglément. Il exige une gestion plus active de la poche obligataire, en ajustant la duration et le type d’obligations en fonction du contexte macroéconomique. Le rôle d’amortisseur n’est plus automatique ; il doit être construit.

CAT bancaire ou Obligations d’État : qui offre le meilleur taux sans risque à 3 ans ?

Pour un investisseur recherchant un placement à capital garanti sur un horizon court (par exemple, 3 ans), deux produits se font concurrence : le Compte à Terme (CAT) bancaire et l’Obligation Assimilable du Trésor (OAT) émise par l’État français. Tous deux sont considérés comme très sûrs. Le CAT est un dépôt bancaire bloqué pour une durée et à un taux fixés d’avance. L’OAT est un emprunt d’État, bénéficiant de la meilleure signature de crédit possible.

Sur le papier, le CAT offre souvent un rendement brut légèrement supérieur. Cependant, la comparaison doit prendre en compte plusieurs facteurs : la fiscalité, la liquidité et la nature de la garantie. En France, les revenus des deux placements sont soumis au même Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU). Selon la réglementation, il s’agit d’un prélèvement de 30% (12,8% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux) qui s’applique sur les intérêts perçus.

La différence fondamentale réside dans la liquidité. Un CAT est bloqué : toute sortie anticipée entraîne des pénalités importantes, voire la perte totale des intérêts. Une OAT, en revanche, est un titre coté : elle peut être revendue à tout moment sur le marché secondaire à son prix de marché, qui peut être supérieur ou inférieur au prix d’achat en fonction de l’évolution des taux d’intérêt. La garantie est aussi différente : les dépôts bancaires (donc le CAT) sont couverts par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) à hauteur de 100 000€ par client et par banque. L’OAT est garantie par la signature de l’État français, une garantie considérée comme sans limite.

CAT vs OAT : comparaison détaillée (valeurs indicatives)
Critère CAT bancaire OAT 3 ans
Rendement brut ~3,5% ~3,2%
Fiscalité PFU 30% PFU 30%
Liquidité Capital bloqué Revente possible
Garantie 100k€ max (Fonds garantie) Signature État
Montant minimum Variable 1000€

En synthèse, pour un capital que l’on est certain de pouvoir bloquer pendant 3 ans, le CAT peut offrir un léger surcroît de rendement. Pour l’investisseur qui souhaite conserver une porte de sortie, même au prix d’une petite incertitude sur la valeur de revente, l’OAT est plus flexible.

À retenir

  • La duration est la principale mesure du risque de taux d’une obligation : plus elle est élevée, plus le prix du titre est sensible aux variations de taux d’intérêt.
  • Le risque de défaut est le risque majeur de l’investissement obligataire. L’analyse de la notation (Investment Grade vs High Yield) et du rang de la dette (Senior vs Subordonnée) est cruciale.
  • Pour un investisseur prudent, la stratégie de « portage » (conserver jusqu’à l’échéance) via des titres en direct ou des fonds datés permet de figer le rendement et d’ignorer la volatilité de marché intermédiaire.

Pourquoi les obligations d’État redeviennent attractives quand les taux dépassent 3% ?

Après plus d’une décennie de taux nuls voire négatifs, les obligations d’État, notamment les OAT françaises, retrouvent des couleurs. Le seuil psychologique des 3% de rendement est déterminant. En deçà, après inflation et fiscalité, le rendement réel était souvent négatif. Au-delà, elles redeviennent une brique de construction de portefeuille viable, offrant un rendement sécurisé par la meilleure signature de crédit possible.

Lorsque les taux longs dépassent l’objectif d’inflation de la banque centrale (généralement 2%), cela signifie que l’investisseur perçoit un rendement réel positif. C’est une rémunération effective de son épargne. En 2024, avec des OAT à 10 ans offrant un rendement proche de 3,4%, l’investisseur peut de nouveau envisager de construire une base de portefeuille stable et rémunératrice, sans prendre de risque de crédit privé. Cette attractivité est renforcée par l’existence de produits spécifiques comme les OATi (indexées sur l’inflation) qui protègent directement le pouvoir d’achat.

L’Agence France Trésor (AFT) a d’ailleurs noté une forte demande pour ces produits et leur consacre désormais 10% de son programme d’émission annuel. Pour l’investisseur prudent, la remontée des taux souverains est une excellente nouvelle. Elle permet de diversifier le risque actions non plus avec un actif à rendement nul, mais avec une véritable source de revenus prévisibles. Les obligations d’État redeviennent ce qu’elles n’auraient jamais dû cesser d’être : le socle de performance stable d’un patrimoine diversifié.

Il est donc temps d’analyser votre portefeuille actuel pour déterminer la part que les obligations pourraient y prendre et comment structurer cet investissement pour atteindre vos objectifs de rendement à long terme.

Rédigé par Alexandre Dubreuil, Analyste financier certifié CFA et gestionnaire de portefeuille. Expert en marchés boursiers, ETF et allocation d'actifs stratégique. 14 ans d'expérience en salle de marchés.